Interview

Interview : Extra Terra

Duo dévastateur basé à Strasbourg, Extra Terra a su en l’espace d’un an se faire une place sur la scène française bass music. Venu des profondeurs de la galaxie, le duo a un plan et l’outil utilisé est le son et l’image. Remarqué chez Play Me Records, il collabore avec de grands artistes tels que Rio Ten, Eliminate et les meilleurs labels comme Firepower, , Buygore ou encore Otodayo Records. Nous vous proposons l’entretien que Cinate et Huso alias Extra Terra a pris le temps de nous accorder durant la première soirée « Skurt » à Toulouse, organisée par l’association Dark Pack.

SE | Pouvez-vous vous présenter ? Comment avez-vous commencé à créer le nom de scène « Extra Terra » ?

Cinate : Je m’appelle Boris, j’ai 25 ans et je viens de Strasbourg. À la base, le nom Extra Terra c’est un projet assez récent qui a approximativement 2 ans. Avant ce projet, avec Huseyin alias Huso, on tenait au lycée un projet totalement différent qui se nommait Mind Portal. Puis en parallèle, on avait découvert le dubstep et les sonorités aliens. À l’époque c’était un peu nouveau et ça nous a vraiment motivé de créer « Extra Terra ». Du coup maintenant on est sur ce projet.

Huso : J’ai 25 ans, j’aime la musique et les fruits (rires). Avec Boris (nldr Cinate), on se connait depuis la période du lycée, il faisait déjà plus ou moins de la musique bien avant qu’on se connaisse, puis un jour, on a discuté et il m’a proposé d’être batteur dans le premier projet Mind Portal. À ce moment-là, je n’y connaissais absolument rien, j’arrivais de nulle part et on a démarré comme ça avec un premier live, une batterie électronique, un clavier, etc. On a fait ça 3-4 ans, puis il y a eu une transition dans l’année 2010 quand le dubstep a pris de l’ampleur. Avec Extra Terra, on peut aller dans le hybrid trap, pur dubstep old school ou new school ou même dans le bass house. Dans ce projet on ne se pose pas de limite, si ce n’est qu’on veut qu’il soit autour de la bass music. On aime bien expérimenter aussi !

SE | Vous pouvez nous parler des machines avec lesquelles vous travaillez ?

Cinate : J’ai commencé à produire de la musique sur Cubase puis FL Studio et récemment, j’ai essayé Ableton mais je suis resté sur FL Studio.

© Christelle.D Photographe

© Christelle.D Photographe

SE | Actuellement où en êtes-vous avec votre projet ?

Huso : Il y a certains éléments qui sont un peu flous et d’autres qui le sont moins. Concrètement, on prépare un EP avec Cinate qui se fait attendre depuis un petit moment. Entre temps, on a sorti gratuitement des singles quasiment tous les mois ! Vous verrez que l’essentiel de nos morceaux est en téléchargements gratuits comme « Omega » publié sur le label Buygore.

Sinon on a deux singles de prévus. Un sur la compilation du label 193 records qui se nomme « Robots », et un second sous le nom de « French Hop – VIP » sur la compilation de chez BigTooth Records. On a aussi des remixes de grands noms. À suivre.

SE | Quelle est votre situation professionnelle par rapport à « Extra Terra » ?

Cinate : Je consacre tout mon temps au projet Extra Terra, je me suis fixé des objectifs et je veux les atteindre. C’est une accumulation de plusieurs activités différentes dans la musique qui me permettent d’en vivre. Je travaille en parallèle pour de grosses compagnies de vente de samples, ce qui me permet d’avoir un revenu complémentaire en plus des shows.

Huso : Je travaille dans une agence web où je fais du développement informatique. Même si ça pose problème pour m’investir complètement dans le projet. À un moment, il faut faire des choix réalistes et c’est une concession qui s’est imposée à nous.

© Christelle.D Photographe

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SE | Qu’en pensent vos proches ?

Cinate : Mon père produisait de la techno et de la drum & bass quand j’étais petit, il était très avant-gardiste pour son époque. Je pense que ça m’a en quelque sorte influencé pour devenir artiste.
La première fois que j’ai touché à Cubase j’avais 5 ans, bon je faisais n’importe quoi mais bon je m’amusais déjà à tout bidouiller dessus ! Mes parents ont vécu la culture électronique des années 90, ils étaient à fond dedans donc forcément quand je leur fais écouter mes productions, ils adorent et ils me soutiennent !

Huso : De mon côté c’est totalement différent, je suis fils de paysans immigrés donc la musique surtout électronique ça ne colle vraiment pas. Maintenant mes parents n’ont pas eu nécessairement un regard véritablement négatif, mais ils n’apprécient pas spécialement. Ce n’est pas leur génération, le dubstep n’est pas aussi facile d’accès. Aujourd’hui comme ils voient que ça progresse, ça devient plus positif.

SE | Quels sont vos pires et meilleurs souvenirs ?

Huso : Je ne sais pas si je peux citer un moment, mais c’est toujours quand le public répond à un morceau précis. Tu sais qu’il faut le lancer maintenant et l’échange est génial. Ça procure une sensation assez particulière.

Cinate : L’année dernière on a fait un show à Paris …

Huso : Et le problème, c’est qu’il faisait extrêmement chaud à l’intérieur de la salle. Il y avait des écrans partout sur la scène, quand je dis qu’il faisait extrêmement chaud, ça veut dire que l’on pouvait faire limite le show sans vêtements (rires). On jouait devant 300 personnes et c’était vraiment une expérience. Il y avait un ventilateur, mais il ne servait pas à grand-chose (rires).

SE | Comment se passe votre soirée ?

Huso : Ce soir il y a clairement du « riddim« . D’ailleurs on a du même adapter notre set pour la soirée « Skurt », parce que nos morceaux typiques ça plait évidemment, mais on aime aussi mélanger des mélodies dans nos performances.

© Christelle.D Photographe

© Christelle.D Photographe

Cinate : On aime bien faire des morceaux où on mélange des mélodies de façon plus ou moins subtiles. Pour ce genre de soirées les gens veulent du heavy et du lourd, donc on s’adapte et pour tout dire on aime ça ! Ça veut pas dire qu’on aime pas balancer des morceaux un peu plus mélodique lors de nos performances.

SE | Vous produisez pour vous faire plaisir ou pour faire plaisir au public ?

Huso : Faire ce qu’on aime et produire pour le public ce n’est pas la même chose. On pense au public, mais on fait toujours ce qui nous plait. Donc on ne mettrait jamais un morceau qu’on n’apprécie pas. Il ne faut pas déconner là-dessus, on ne peut pas balancer du David Guetta. Par exemple pour ce soir, on a légèrement remodelé notre performance pour avoir des éléments plus agressifs, qui tendent vers le « riddim », ça fait un autre set, c’est vraiment intéressant, on ne peut pas cracher sur ce style.

SE | Merci pour cette rencontre !

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