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The Waiting Room : la dernière danse

MONXY

C’est avec un petit pincement au cœur que nous nous sommes rendus le mercredi 20 septembre à la dernière Waiting Room, manifestations musicales organisées par le collectif La Petite depuis quatre ans.

Pour rappel, The Waiting Room avait pour concept d’inviter des artistes issus des musiques électroniques, souvent d’envergure internationale, à se produire dans des lieux à vocation culturelle de la ville rose. Le tout était accompagné de belles projections animées mettant en évidence l’esthétique des lieux. Pour sa dernière représentation, The Waiting Room recevait la barcelonaise Bad Gyal au Muséum. Durant ces 4 dernières années, la Petite a organisé pas moins de 26 événements « The Waiting Room » avec toujours autant de passion et de réussite. Dans une ville où règne, à quelques exceptions prés, les clubs d’une médiocrité artistique rarement égalée dans l’hexagone malgré des collectifs de grande qualité, The Waiting Room ont été de véritables bouffées d’oxygène pour les amateurs de musiques électroniques et leurs succès ne s’est d’ailleurs jamais fait démentir. Dirigées sous la houlette de Robin Plusquellec remarquablement épaulé par tous les membres de la Petite, les sessions se déroulaient dans une ambiance conviviales mêlant habitués et personnes désireuses d’explorer de nouveaux horizons musicaux.

Crédit: MONXY

Pour La Petite, il n’était pas envisageable de clore ces soirées en omettant l’esprit festif qui les ont toujours accompagnaient. Aussi, la première partie fut animée par l’exubérant collectif Platinium Whoops proposant un set varié où se sont mêles trap, reggaeton, rnb et quelques tracks electro-kitsch soulignant l’esprit résolument « décalé » de cette ultime représentation. Il est aux environs de 22h15 quand Bad Gyal entre en scène avec l’ attitude féline qu’on lui connaît. Son premier morceau, «  Jacaranda » qui a été un véritable tube en Espagne, annonce la couleur : Bad Gyal ne connaît aucun tabou et aborde de manière décomplexée le thème d’une sexualité libre auquel elle n’oublie pas d’ajouter des problématiques plus sombres comme celui de la prostitution. Oscillant avec aisance entre trap, reggaeton et dancehall, l’artiste catalane s’exprimant le plus souvent en castillan et en spanglish transporte le public par son flow impeccable servi par une production très soignée. La soirée s’achève par un puissant track electro finissant de renverser un public déjà largement acquis.

Crédit: MONXY

Avec cette dernière session aux tonalités nettement plus « pop » que toutes les précédentes, The Waiting Room a d’une certaine manière et comme une forme d’ultime rébellion, rappelé qu’aucun genre musical n’avait le monopole du bon goût et que la vocation première de la musique résidait à rapprocher les individus malgré leurs différences. Ce dernier principe a d’ailleurs toujours été mis en avant par La Petite qui a toujours milité pour la parité et la reconnaissance de tous les genres dans l’espace social, artistique notamment. The Waiting Room qui avait cette improbable faculté de rendre les hipsters et leurs sandwiches végétariens supportables va nous manquer mais sans conteste, elles auront contribuer à montrer la voie à ce que pourrait être les nuits toulousaines avec plus d’ambition artistique et de confiance de la part des acteurs institutionnels. The Waiting Room peut aujourd’hui tirer sa révérence avec le sentiment du devoir accompli.

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