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Interviews

Émir Shiro, du graphisme pour bousculer

Ses œuvres s’appellent « Mona Lickass« , « Saint Beyonce » ou encore « Camel Toe » : nous avons rencontré Émir Shiro, graphiste grenoblois spécialisé dans les collages décalés et tranchants. 

LOFI | Salut Émir! Peux -tu nous résumer rapidement ton parcours?

Yes! J’ai commencé par une formation en communication, et j’ai ensuite intégré les Beaux-Arts de Valence – Grenoble pour me former à plusieurs techniques comme la photo, la vidéo, la peinture et le son. Je diffuse mon art sur internet depuis fin 2014, début 2015.

LOFI | Nous n’avons pas réussi à trouver ton âge; c’est volontaire?

Oui complètement, je ne dévoile pas trop d’informations sur moi, c’est un choix.

LOFI | Est-ce que tu as commencé par les collages? 

Alors, à la base je suis dans le son: je produisais pour moi et pour des artistes de la scène hip-hop. Je faisais aussi des illustrations.

LOFI | Et qu’est ce qui t’as inspiré à commencer à faire du collage?

J’ai commencé le collage quand Instagram à fait sauter mon compte, le jugeant « inapproprié » pour sa communauté. Mes illustrations étaient principalement sur le thème du corps et de la sexualité, il me fallait donc une technique me permettant de parler de sexe tout en cachant ce qu’il y avait à cacher.

« C’est la censure qui m’a amené au collage. »

LOFI | En effet, tu travailles beaucoup avec le corps humain et notamment le corps de la femme – il y a une raison particulière derrière ce choix?

Il est vrai que le corps de la femme revient beaucoup dans mon travail artistique… C’est plutôt une question de feeling, de courbes et de sensualité. Je travaille également avec le corps de l’homme, beaucoup moins certes. Tout dépend vraiment du feeling!

LOFI | Pour toi, tes collages véhiculent un message engagé ou restent purement artistiques?

Mes visuels sont la pour provoquer des réactions. Je veux avant toutes choses faire réfléchir les gens sur deux points: ce qu’ils voient et ce qu’ils interprètent. Il y a une grande différence entre l’image que l’on se fait et l’image réelle.

 

« Je joue avec les limites du politiquement correct pour justement susciter des réactions. »

Mes images, surtout celles qui proposent une représentation du corps, doivent êtres forte en démonstration pour pouvoir accrocher et surprendre l’œil dès le départ.

Le coté graphique est important pour moi, j’aime que mes images soient esthétiques. Je travaille uniquement avec des découpes et des lignes horizontales et verticales. Il n’y aucune découpe diagonale dans mes collages.

LOFI | D’où te viennent tes inspirations? 

Je suis vraiment inspiré par le monde la mode et les couturiers extravagants. J’aime aussi beaucoup les peintures de David Hockney, je trouve que son travail des couleurs et sa gestion de l’espace sont vraiment intéressants. J’aime aussi énormément George Condo, son travail pictural sur le corps et les visages m’inspire beaucoup.

LOFI | Quels sont tes projets pour l’avenir? 

Le lancement d’un projet textile, intégrer un gros média ou un studio de création et exposer de nouveau. J’ai pas mal de choses sur ma liste, mais voilà l’essentiel!

LOFI |  Si tu devais choisir un seul visuel comme étant ton préféré, ce serait lequel et pourquoi? 

Ce serait « Féline », parce que c’est l’un des premiers visuel ou j’ai réellement adopté un style graphique bien à moi. C’est aussi celui qui m’a permis de populariser mon nom en tant qu’artiste. Les lignes collent parfaitement entre elles, l’image est pure, sensuelle, sensée et sans fioritures… bref tout ce qui me plaît.

LOFI | Merci Émir! Le mot de la fin? 

Je voudrais simplement vous dire merci d’avoir pris le temps de vous intéresser à mon travail artistique. Je trouve ça super important de communiquer et d’avoir ce genre d’échange. Outre le coté visuel de mon art, il y a aussi et surtout mon discours. Encore big up à vous pour l’article et surtout, de la paix et de l’amour !

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