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Clément Bazin à la Gaîté Lyrique, un live envoûtant

@Mathieu Foucher

Jeudi 30 novembre, Clément Bazin est chaudement accueilli par un public enthousiaste dans la salle intimiste de la Gaîté Lyrique à Paris pour clore énergiquement sa tournée 2017. L’artiste, maître du steeldrum, nous y dévoile de nombreuses surprises tout en délivrant ses morceaux les plus emblématiques, notamment ceux de son dernier EP Return to Forever sorti en juin 2016.

UNE PREMIERE PARTIE ECLECTIQUE ET FASCINANTE

A l’image de l’univers musical de Clément Bazin, la première partie du concert fut assurée par l’artiste espagnol Tito Candela. Avec un style aux contours indéfinissables et aux frontières floues, Tito Candela se joue des codes et n’hésite pas à alterner différents rythmes et jongler avec divers univers et musicalités. Ses morceaux sont frais, nourris d’influences très diverses. Tant dans un esprit dance avec des tons funk et disco et des instrumentations très minérales faites au synthétiseur, que dans des sonorités hip-hop des années 1990 en passant par une approche plus house. Tito Candela, décontracté et proche du public détourne alors quelques codes avec habileté toujours entre style occidental et instillations exotiques.

UNE FIN DE TOURNÉE RÉUSSIE POUR CLEMENT BAZIN

Clément Bazin est un fin maître du steeldrum: le dernier instrument crée, aux notes dansantes, tropicales et légères, venant de la Trinidad de Tobago. Beatmeaker français et multi-instrumentaliste talentueux, Lauréat du Fair 2017, Clément Bazin a sorti un premier EP Us en 2012, puis va plus loin avec « Night Things » sorti en 2013 et enfin « Return to Forever » avec le label Nowadays. Avec son titre plébiscité « Come to This » il a su dévoiler son talent. Ayant travaillé auprès de Woodkid ou encore Fakear, Clément Bazin dispose d’un style unique originalement mené par des notes de steeldrum, des percussions et des voix envoutantes. Son travail, est assez éclectique, utilisant tantôt de vraies voix, tantôt des samples de voix. Ses morceaux sont chaleureux, mélodiques et dansants, souvent hypnotiques, expulsant une grande énergie. Innovant dans un champs large de création, il nous projète dans d’autres univers musicaux, plus exotiques et euphoriques.

Clément Bazin a alors été chaudement accueilli par le public de la Gaîté Lyrique en commençant fort avec un morceaux emblématique qu’il n’hésite pas à retravailler pour nous surprendre. Il ne s’arrête pas là. Jouant malicieusement entre des instants lents et langoureux et d’autre plus enthousiasmants et énergiques, Clément Bazin nous a réservé d’autres surprises en invitant sur scène Laëtitia Dana pour interpréter Tangerine avec une voix envoutante. Puis, il accueille deux joueuses aguerries de Steeldrum pour nous livrer un trio unique, très esthétique. Enfin, Clément Bazin nous ravit en jouant un nouveau morceau avec le chanteur de Montréal Zephir. Son concert est alors à l’image de sa musique, éclectique, nourri de plusieurs influences, en communauté, dans un esprit intimiste chaleureux et détendu.

@Mathieu Foucher

UNE SCÉNOGRAPHIE MUSICALE CRÉATIVE

En accord avec sa musique, la scénographie du concert était très intense. Assez minimaliste à certains égards et donnant une ambiance épurée qui contrebalance avec l’énergie de sa musique. Grâce à des spots généreux aux couleurs pop ou chaudes et crépusculaires, le public se sentait proche des sonorités de Clément Bazin. L’espace scénographique était parfois cloisonné par le biais d’une multitude de faisceaux lumineux qui donnaient une impression de séparation avec des jeux de transparence, la scène était multidimensionnelle et démultipliée, le public était dans un ailleurs. Ceci fut intensifié par la présence d’un triptyque de grands miroirs placé dernier Clément Bazin, afin de le voir jouer et de réfléchir la lumière à l’infini de façon intemporelle et cryptique. Tantôt caché par des spots colorés intenses et tantôt porté par des lumières jaunes très humaines, Clément Bazin était proche du public. Digne d’une installation d’art contemporain, la scénographie servait efficacement la musique de Clément Bazin afin de former un tout harmonieux et hypnotisant.

@Mathieu Foucher

Clément Bazin, en osmose avec son public, signe un live enthousiasmant et enchanteur. Néanmoins, frustré par cette performance trop courte pour la ferveur générale, l’auditoire en souhaitait plus. Tenus en haleine après cette fin de tournée, nous attendons avec impatience les prochains live ou EP.

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