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Interviews

Le beatbox sur loopstation : rencontre avec l’artiste SARO

Cette semaine avec LOFI, nous avons rencontré SARO, le beatboxeur qui vient de remporter les championnats du monde de beatbox sur loopstation. Le jeune Rennais a accepté de nous en dire plus sur cet univers encore méconnu du grand public.

LOFI | Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle SARO, Tristan de mon vrai prénom. Je suis beatboxeur depuis 10 ans maintenant, avec une loopstation.

LOFI | Comment es tu entré dans le monde du beatbox ?

Alors pour raconter un peu l’histoire, ça faisait 10 ans que je pratiquais la batterie déjà donc j’avais des petits groupes avec des copains, sans prétention. Une fois je me baladais dans un festival, et je suis tombé sur une scène où il y avait un beatboxeur. Je l’ai vu et je me suis dit : ce gars il fait de la batterie avec sa bouche et moi je suis obligé de me trimballer tout mon matériel ! Je suis tout de suite tombé amoureux de cette discipline, je me suis dit il faut que je fasse ça, et ensuite j’ai appris tout seul.

LOFI | Un autodidacte donc, ça n’a pas dû être facile. Est-ce que tu as appris au travers de différents artistes ?

Ça fait 10 ans maintenant que j’ai commencé, et clairement il y a 10 ans il n’y avait pas grand-chose en termes de beatbox. Sur internet il y en avait un petit peu, par exemple Michael Jackson, il avait son style. Ce n’était pas vraiment du beatbox c’était plus des onomatopées mais c’était un petit truc ! Il y avait aussi Rhazel, dans le groupe The Roots, on l’a beaucoup écouté, car c’est un des pionniers du beatbox, mais dans l’ensemble il n’y avait pas grand-chose donc on essayait de chopper tout ce qui trainait.

LOFI | Comment as tu réussi à apprendre alors ?

J’ai fait 10 ans de percussions ça m’a beaucoup aidé je pense, je connaissais déjà le rythme. Ensuite, après avoir appris un peu les sons de base, j’ai trainé dans les battles, dans les championnats de France, là tous les beatboxers se réunissent et c’est comme un marché, tu t’échanges les sons, tu sympathises, tout ça … et tu apprends comme ça !

LOFI | Un bel esprit en somme, avec beaucoup de partage. On a vu que tu étais dans un groupe pendant plusieurs années, Bukatribe, tu peux nous en parler un peu ?

Ça fait 6 ans oui, mais en ce moment on est en pause. C’est un groupe uniquement vocal, moi je m’occupais surtout de la partie beatbox, et les autres des chants, de la basse, des choeurs. On était 4 et on a fait pas mal de scènes en 6 ans, on avait calculé plus de 250 je crois… On s’est bien amusé !

LOFI | Alors pourquoi cette envie de projet solo ?

Justement au bout de 6 ans tu as envie de te renouveler, de faire une pause et de faire d’autres choses. De toute manière, j’ai commencé tout seul et ça fait très longtemps que je suis dans un groupe, j’avais envie de rechanter tout seul. Quand tu es tout seul, tu es vraiment libre, tu fais ce que tu veux, il n’y a aucune concession. Tu fais vraiment ce que tu veux de A à Z en termes de musique.

LOFI | Aujourd’hui donc tu peux faire ce que tu veux, alors pourquoi avoir choisi la loopstation au beatbox plus « traditionnel » ?

Pour apprendre j’ai commencé par du beatbox solo, mais j’ai vite commencé à travailler avec une loopstation car comme je disais, j’ai eu beaucoup de groupes de musique. J’ai fait beaucoup d’harmonie aussi à l’École de musique, beaucoup d’orchestres, et j’ai toujours aimé la musique remplie, la musique entière. Je ne retrouvais pas ça dans le beatbox solo. J’adore ça, j’ai plein de potes qui en font et je les écoute avec plaisir, mais je m’épanouis beaucoup plus en créant de la musique avec la loopstation.

LOFI | Tu peux nous expliquer plus précisément comment ça fonctionne une loopstation, et ça se passe comment quand tu joues en live ?

C’est une machine qui me permet de m’enregistrer en direct, et elle fait des boucles. Dans ma loop, il y a des effets intégrés que je peux appliquer directement sur le micro quand je joue, et d’autres effets que je peux intégrer aux pistes que j’ai déjà enregistrées.

Pendant une battle tu pars à vide, il n’y a rien de préenregistré. Sur scène aussi je crée tout de A à Z, sur la machine il y a des pistes de 1 à 99 et dessus je peux enregistrer des pré-set avec les effets que je voudrais appliquer au son pendant mon live.

LOFI | Tu t’es déjà intéressé à des machines pour faire du live comme les korg par exemple ?

J’en ai déjà fait oui, mais seulement pour moi. Peut-être plus tard mais pour l’instant le chemin que je prends c’est uniquement avec la loopstation, car déjà j’ai l’impression que ça marche ! Les gens ont l’air d’apprécier donc c’est cool ! Après j’adore la MAO aussi.

LOFI | Nous avons écouté plusieurs de tes morceaux et certains sont plutôt hip-hop/rap, d’autres branchés électro, comment tu définirais ton style aujourd’hui ?

Les sons plutôt rap c’était avant on va dire, ça faisait longtemps que j’écrivais des textes, que je faisais plus dans le hip-hop, mais je me disais aussi que je voulais faire de l’électro, c’est juste que je n’avais pas encore trouvé le moyen. Maintenant je l’ai, j’ai trouvé cette machine avec laquelle j’arrive à faire des trucs électro et c’est comme ça que je définis ma musique aujourd’hui,  je ne fais plus vraiment de rap.

LOFI | Des projets d’albums ?

Pour le moment j’ai sorti des vidéos, c’est le début pour moi, ça fait un an environ, donc la stratégie pour le moment se serait de faire des vidéos pour faire découvrir un peu ce que je fais, puis ensuite dans un premier temps un EP et ensuite un album. J’ai pas mal de dates solo de prévues, je suis dans une boîte de tour qui prévoit des dates, c’est carrément ouf.

LOFI | Est ce que tu veux ajouter quelque chose ?

J’ai toujours envie de dire ça dans les interviews, on met souvent le beatbox dans un côté performance, ce qui semble normal quand on ne s’y connaît pas vraiment, c’est assez impressionnant. Pourtant moi j’essaye vraiment d’amener le beatbox comme de la musique, j’aimerais que quand les gens sortent d’un concert ils se disent j’aimerais bien écouter ça chez moi. On essaye, pas que moi il y a beaucoup de beatboxeurs qui essayent de faire ça, de montrer que le beatbox ce n’est pas juste un côté battle, performance, c’est vraiment de la musique !

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