Hâvre de paix et de délivrance, on était au Son Libre festival 2018

Liberté d’être, de danser, vivre la musique et bienveillance ont été les mots d’ordre du festival Son Libre 2018. Cette cinquième édition qui s’est déroulée du 28 juin au 2 juillet fut un pari réussi pour les festivaliers et nous-même. Retour en détail sur un évènement qui s’est construit une identité au fil des années.

Après avoir étudié les attentes des festivaliers et les promesses des organisateurs, nous sommes partis en furie de Bretagne vérifier le tout. Depuis plusieurs mois nous suivions déjà les actualités (page, événement, groupe Facebook, livre d’or, etc.) et avons découvert un vrai dialogue entre le festival et son public. Une certaine interpellation qui nous a donné envie de faire ce trajet. Entre foires aux questions, bons plans covoiturages et nombreuses autres informations que ce soit dans la prévention ou dans l’organisation du festival, nous voulions absolument découvrir si le Son Libre allait être aussi concret et respectueux de ses engagements.

Crédit photo : Morgane Aubert & Pierre Bellanger Création

Jeudi 9 heures, nos pieds bretons foulent enfin la terre de Collias. Une centaine de personnes étaient déjà présentes, attendant patiemment l’ouverture officielle pour s’installer tranquillement. Nous y échangeons des avis mitigés et sentons des exigences particulières envers le Son Libre : entre la rivière pour se désaltérer  5 minutes en voiture et à 1 heure… de marche, les douches, l’augmentation des prix, etc. Toutefois, les festivaliers qui ont déjà participé aux éditions précédentes sont de retour, malgré ces petites réticences ou inquiétudes.

L’ambiance qui y règne n’a pas de prix. On y va comme on est et tous ensemble, on danse, on rit !

Des festivaliers pointent aussi le fait que : « On ne peut pas se plaindre au niveau du son, de bons artistes sont présents et ça ne s’arrête jamais ! ». En effet, l’évolution est assez frappante, que soit sur l’envergure du festival, la durée de 2, 3 à 4 jours au fil des ans, avec toujours une coupure minime des scènes.

Propreté et beauté du festival

Refaisons un tour de table. 8000 festivaliers étaient présents à cette 5e édition, 3 campings, 2 parkings (dont un dédié qu’aux camions), des douches, une dizaine de foodtrucks, un grand bar, une dizaine de stands mettant en valeur des accessoires artisanaux liés à l’univers psytrance et enfin 2 scènes axées techno et trance principalement. Rien que ça.

Nous apprécions la place et la propreté du site, avec 10 douches à notre emplacement. Celles-ci ont su sauver bien des vies durant toute la durée du festival, une nouveauté tant attendue et bien prévue (malgré un petit accident le dernier jour, où seules deux douches étaient utilisables jusqu’en début d’après-midi, un problème vite résolu). Autre point positif, nous avons bénéficié d’une bonne fluidité de circulation à tout endroit et heure : que ce soit à l’entrée, aux toilettes, stands et autres, les attentes étaient assez courtes et non pénibles. Ce qui démontrait d’ores et déjà les bonnes compréhensions et participations du public et bien sûr du personnel.

Telle une recette qui plaît, les stands de rechargement de batteries et de coffres-forts étaient de nouveau présents pour mettre précieusement ses affaires en sécurité. De 1 à 2 €, un tarif entièrement accessible, on ne peut que pointer les bonnes idées retenues des organisateurs et l’importance de cette opération quand on reste quatre voire cinq jours. Bien que de notre côté nous n’en avons pas usé ; ayant échangé vivement avec la sécurité au camping, la confiance s’était instaurée rapidement. En effet, nous n’avons rencontré aucun vol. Petit aléa, aucun réseau téléphonique aux parkings et campings. Une gêne minime heureusement puisque c’est plus sur site que nous cherchons souvent nos amis.

Quand l’heure sonnait pour manger, le choix était varié : burritos, frites maison, wraps, cuisine indienne végétarienne… Tout fait sur place et servi avec tendresse malgré des prix que nous aurions préféré parfois moins élevés. Cependant qualitativement, il n’y avait pas à se plaindre ni au vu de la diversité des produits, que du plaisir pour les yeux et des papilles.

Nous avons expérimenté avec plénitude les différents aspects du festival. Et ceci grâce à une organisation bien cadrée sans être trop stricte ou désagréable au vu du personnel fort enthousiaste 24h sur 24. Les éléments à retenir : (à rappeler encore et encore) une propreté sans nom des spots, un système de jetons seulement pour le bar donc sans encombre pour le reste des consommations (espèces et cartes bancaires acceptées), des services non-stop pour une liberté de vivre le festival aux heures souhaitées et pluralité des produits. Le Son Libre porte bien son appellation.

Enfin, venons-en à la beauté du site. Pour les scènes, lights, mapping, les vidéos et photos seront les meilleures démonstrations de nos émerveillements :

Aftermovie Jumpstreet vs Rugrats Music Live Set – Crédit : Roman

Hormis quelques changements de planning dans la programmation des artistes, il était difficile de sourciller sur la qualité audiovisuelle investie.

La scène trance a su nous conquérir. De jour comme de nuit, nous imaginions peu le spectacle artistique qui se déroulerait une fois le soleil couché sur ce fameux mur endiablé… Celui-ci réagissait parfaitement avec la musique, de plus les choix visuels étaient impressionnants, un vrai spectacle tous les soirs.
Point noir : l’absence d’ombre pour se couvrir du soleil à la scène trance, dû à un soucis de logistique du prestataire. Malgré cela, peu de festivaliers se sont apitoyés.

Crédit photo : Morgan Aubert & Pierre Bellanger Création

Côté techno, créatures mythiques et ambiance tropicale arboraient la scène. Le must : les nombreux jets de feu lancés aux meilleurs moments musicaux du festival. Comme s’il ne faisait pas assez chaud nous direz-vous, mais la fête était là. Pas de mapping sur cette scène, cependant nous avons trouvé les jeux de lumière audacieux et variés accompagnés de fumée. Le tout produisant des ambiances mystiques et envoûtantes qui ne nous ont lassés à aucun moment.

En général, la décoration était plutôt coquette et chaleureuse, sans aller dans l’exagération. Entre dragons, personnages aux déguisements inédits, des coins chills magiques, un chapiteau et bar lumineux et accueillant. En globalité, ce fut un festival de toute beauté axé particulièrement sur la convivialité et le bien-être. Vivre le Son Libre était accessible à tous : amateurs ou férus de l’univers psytrance / techno, amoureux de l’électro ou tout simplement de la fête, montrant une vraie diversité culturelle (que ce soit sur un aspect humain, ou artistique).

L’énergie du Son Libre

Si l’on reprend bien les témoignages des participants : les points d’honneur de l’événement restent tournés autour de l’ambiance vécue chaque année. Un état d’esprit qui fait revenir chaque année les festivaliers des quatre coins de la France. : la gentillesse du public, les attentions humaines (sécurité, retour d’objets perdus, entraide au camping, le partage d’eau à volonté….), ouverture d’esprit, rencontres faciles…. On y vient comme on est et on y échange avec bonne foi sur ses différences. Entre douceur de vivre et énergie certaine à faire la nouba sans grande pause, voici comment résumer l’atmosphère de la communauté du Son Libre.

Crédit photo : Morgan Aubert & Pierre Bellanger Création

Avec 72 heures de son non-stop, que ce soit au niveau des artistes ou du public, la fête était toujours au beau fixe. Ça dansait, riait, et souriait à plein nez. Aux deux scènes, aucun problème pour profiter à tout endroit de la musique. Qualité de son, éblouissement des yeux, good vibes humaines, nous y avions facilement notre place et apprécié de profiter du festival individuellement. Que ce soit au milieu, tout devant, sur les côtés, nous pouvions nous déhancher, ou tout simplement fermer les yeux en profitant de la musique sans être bousculé. Chacun vivait ses moments respectueusement. Une énergie humaine inédite pour nous, concentrée sur la musique avec des artistes très enjoués et connectés au public.

Crédit photo : Timagin

Au niveau de la musique, ce fut le feu à la scène techno tant à la trance. Bien que nous ayons passé plus de temps côté scène trance, nous pouvons dire que Julian Jeweil et Oliver Huntemann, nous ont transportés dans leurs morceaux mélodiques et ténébreux. Des sets ensorcelants où la foule ne montrait aucun bruit étant en phase totale avec leurs musiques.
Pour la trance, le live de Rakoon, nous a agréablement surpris. Il a su rassembler tout le monde dans une ambiance bon enfant, familiale. Un live très varié, n’ayant pas joué que de la dub et ayant été plus piquant sur la fin.
Merkaba et Spirit Architect présents au début et au milieu du festival, nous ont époustouflés avec leurs transitions inédites, des enchaînements à couper le souffle.

Crédit photo : Morgan Aubert & Pierre Bellanger Création

En journée, nous avons été un peu déçus par Talpa, nous nous attendions à un peu plus de sursauts et de vigueur. Blastoyz, pur bonheur de le voir sur scène, aucune déception. Avec aisance il passa ses meilleurs classiques. Sur la fin, Subway Shaman et Vikkei de nouveau à la scène trance, nous ont tout particulièrement rendus fous pour la propreté de leur prestation et le coup de chaud qu’ils nous ont mis.

Nous répéterons que le mapping du Son Libre, 5e édition nous aura sincèrement bluffé. Un grand merci à l’équipe BOTN, mais aussi DB technologies pour la trance. Le travail aussi soigné de Lambda Labs pour la techno. En quatre jours, hormis peut-être 2 mini couacs, difficile de se lamenter. Surtout qu’au camping, nous avons bénéficié de musique non-stop.

Crédit photo : Yuniverse Photography

Les bienfaits d’un festival psytrance

En conclusion de cette sortie estivale qu’est le Son Libre, si l’on doit bien résumer ce rendez-vous, c’est en retenant simplement les bienfaits d’un festival psytrance. Un regard sensible apporté envers l’environnement, l’artisanal, le bien-être, traduit par les boissons et repas proposés, la fabrication de toute la décoration, chill-out en matériaux naturels… Des intérêts portés vers l’humain, la diversité culturelle et un appel vers le mystique, la fantaisie au travers de l’art global mis en scène à l’événement. Une vraie attention portée sur non pas seulement l’expérience qualitative des concerts, mais aussi du reste : un festival représenté et animé en village. Il tient aux organisateurs de proposer plus que de danser et écouter de la musique au devant des scènes, mais de bien se nourrir, se reposer et partager en s’amusant. Tout en restant proche de son environnement.

Crédit photo : Yuniverse Photography

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