Retour sur la folie à l’état pur du Dour Festival 2018

Comme chaque année, Dour s’est arraché pour mettre la barre plus haute que les années précédentes et offrir aux festivaliers cinq jours hors du temps. Cinq jours de fête survoltée, de concerts magiques et de moments fédérateurs. Retour sur ces jours forts en émotions de cette édition 2018.

Un terrain de jeu réaménagé

Après avoir subi des modifications sur leur terrain, l’espace a été rebattu, diminuant ainsi le temps de trajet du camping au festival. Sur le site on est d’abord surpris par la taille de l’endroit qui paraît plus petit : l’énorme scène Balzaal est moins impressionnante que les années passées, et les magasins qui bordent l’entrée sont étouffés par le son qui émane des scènes. Finalement, on arrive à se déplacer dans le festival avec plus de fluidité que les années précédentes, passant rapidement d’une scène à l’autre, quand on y passait quinze minutes parfois auparavant.

La chose constante à Dour depuis le début, c’est la qualité des concerts durant cinq jours. Du mercredi au dimanche soir, on a pu assister à des shows incroyables, nous faisant voyager, danser, sauter et agiter nos sens. On se remémore le live incroyable des Chemical Brothers, entre techno, acid et funk pour préparer leur prochain album. Accompagnés par des visuels de personnages animés, les deux frères nous ont plongés dans leur univers, qui a bien évolué depuis les années 2000 et qui a une tournure beaucoup plus électro. D’un live de folie à un autre, le virtuose Stephan Bodzin a illuminé la scène Balzaal avec sa techno et ses mélodies frénétiques, et nous a transporté avec douceur dans son monde rempli de synthés analogiques qu’il a lui-même créé. Parmi nos nombreux coups de coeur, on retiendra les riffs de guitare crades et jouissifs de Fidlar, la performance enivrante de BadBadNotGood, la disco illuminée de Little Dragon, l’incroyable transe acoustique des Sud-africains BCUC, ou encore les frasques planantes du rappeur et producteur Krisy.

The Chemical Brothers – © Olivier Bourgi

Dans un autre registre, on a adoré la performance des Parcels, groupe Australien qu’on dirait sorti tout droit des années 70. La bande de potes nous a régalés avec un concert entre funk, disco et gros groove qui donne la pêche. On retient aussi le rappeur Denzel Curry, une boule de nerf qui explose à chaque concert avec un rap hyperactif sur un fond d’instrus aux basses surpuissantes. Chaque son donne droit à d’énormes pogos, rendant le public animal devant le gamin originaire de Floride.

Techno en force et soupçon de drum&bass

Malgré son rétrécissement conséquent, la scène Balzaal Elektropedia extérieure bénéficie toujours d’une scénographie et d’une sono réglées à la perfection. On y a vu des légendes de la techno livrer des sets décomplexés, comme Dave Clarke qui a embrasé la Plaine de la Machine à Feu, tout comme ses compères Rødhåd, Robert Hood ou Honey Dijon. Tandis que Dave Clarke rappelait à tout le monde qui était le vrai papa, le b2b de l’année entre Rebekah et Paula Temple, a transformé le chapiteau en rave géante. Avec un public survolté qui poussait les deux dj’s à chaque montée à grands cris de « Doureuh » donnant des frissons instantanément. Autre artiste très attendu au tournant, le jeune français I Hate Models a livré une performance mémorable qui, à coup sûr, a confirmé son statut de nouveau poids lourd de la scène internationale.

Scène Balzaal – © Maximilien Marie

Côté drum&bass, on a eu un gros coup de cœur pour les Delta Heavy, avec un set bien réparti entre leurs classiques et un virage plus affirmé vers le dubstep. On a également adoré la performance des Black Sun Empire sur la scène Red Bull, des artistes qui font vivre la drum&bass depuis plus de vingt ans dans un style hybride propre à eux via leur label Blackout.
Et pour finir, on a eu le droit à un closing monstre, à commencer par la techno d’une violence sans nom des Subway Shamans, puis de l’acidcore du Belge Jacidorex. Enfin, le bon Boris Brejcha nous a terminés avec un set plus énervé qu’à l’accoutumée, alliant gros kicks et mélodies entêtantes pour une fin détonante.

© Maximilien Marie

Pour conclure, on salue le festival qui a réussi malgré son nouveau terrain à faire une belle 30ème édition, avec une programmation toujours aussi éclectique et un public qui répond toujours présent en masse. On note aussi des pistes d’amélioration, comme le manque d’eau lors des premiers jours, et un effort sensible à faire quant à la diversité et la qualité de la nourriture proposée sur le festival et sur le camping. L’histoire d’amour entre Dour et le festivalier est belle et continuera en 2019 sur un terrain encore plus optimisé pour proposer une qualité d’accueil toujours meilleure. A l’année prochaine Dour !

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