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Psytrance et science-fiction au Hadra Festival 2018

©Sofiane Bouchard

Pour bien entamer la rentrée, on se rendra au Hadra Festival du 6 au 9 septembre prochain. Cette nouvelle édition marquée par le thème de la science-fiction sera l’opportunité à la fois de se ressourcer, mais aussi de projeter son regard durant 4 jours de psytrance et festivités artistiques.

La musique représente un art comme un autre pour communiquer, traduire les époques que nous vivons. Parler du passé, du présent, et pourquoi pas soulever l’avenir ? Du 6 au 9 septembre, voici le challenge et l’occasion immanquable de valoriser à nouveau la culture psytrance. L’équipe d’Hadra a décidé de s’emparer de la science-fiction pour questionner les cadres qui nous sont imposés, de s’interroger sur les valeurs d’une époque futuriste et société contemporaine. Ceci en faisant du festival un lieu de pratique, d’informations, expériences et changement pour imaginer les possibles.

Soyons acteurs de notre présent, échangeons et inventons ensemble de nouvelles formes d’avenir !

La programmation pour cette 11e année continue d’être alléchante, favorisant bien évidemment la psytrance. Une véritable occasion de traverser les différents spectres du genre, allant d’artistes de scène trance et électronique locale, nationale et internationale. Partez en quête de Trance progressive, fullon, psyché, techno, drum’n bass, ambient, downtempo ou encore psychill via trois scènes.

La Temple Stage, scène principale essentiellement centrée sur les esthétiques de la trance psychédélique, on y retrouvera notamment Laughing Buddha, Boom Shankar, Lunarave et d’autres encore. La Solar stage est la scène alternative, plus intimiste offrant un large panel de musiques électroniques allant de la techno, drum’n bass, dub et autres genres expérimentaux. Desert Dwellers, The Ovni Show, Treavor Moontribe et autres y seront présents. Enfin la Moon Stage ou coin Chill out sera un espace de relaxation sonore, ou « cocon magique ». Le downtempo, ambient, psybass, electronica, psychill ou encore glitch seront de mise aux côtés de One Arc Degree, Mobitex, Astral Waves, Ekaologik etc.

Le Hadra Trance Festival continue d’être un tremplin pour des artistes en devenir et non pas un festival uniquement axé sur les grandes têtes représentantes de la culture. L’objectif est de créer du lien avec les différents participants de l’événement et d’apporter de la reconnaissance et professionnalisation.

Cette année, niveau décoration et scénographie : graphiste, scénographes, artistes plasticiens, vidéastes et techniciens audiovisuels s’inspireront des univers du film Avatar, ou bien encore du film d’animation Ghost in the Shell, la biomécanique ou le cosmos. De nouveaux terrains de jeux qui feront l’habillage des scènes et autres infrastructures du festival. En y comptant comme chaque année des performances et animations artistiques : le feu sera toujours mis à l’honneur, avec des représentations comiques, des peintres de body painting, danseurs, galerie d’art. En retenant que l’implantation d’une station de compostage organique et la création d’oeuvres d’art permanentes à base de matériaux naturels de récupération seront prévues sur le site du Plan d’eau de Vieure.

Crédit photo : TIMAGIN

Conférences, ateliers de jardinage, stands artistiques, et cuisine/alimentation entièrement locales raviront autant les petits que les grands.

Pour aller un peu plus loin, pour expliquer ce que signifie le festival Hadra, sa portée dans l’univers psytrance et son développement, nous avons échangé quelques propos avec Lucie, Chargée de Communication et appartenant à l’association qui tient les rennes de l’événement.

LOFI | Que signifie « Hadra », est-il possible de nous partager l’histoire de l’association, cette identité culturelle, ses racines, et les motivations qui l’ont poussé à mener ce festival depuis plusieurs années ?

Etymologiquement, la « hadra » désigne, en arabe, la transe collective telle qu’elle est pratiquée lors des cérémonies de confréries religieuses marocaines, en particuliers les Issawas. L’association a été fondée en 2001 par un groupe de passionnés de musique électronique et en particulier de trance psychédélique, une culture musicale qui trouve ses origines au début des années 1990 à Goa, en Inde, d’où le nom « Trance-Goa » qui lui a tout d’abord été donné. Cette culture est profondément inscrite dans le continuité du mouvement hippie tel qu’il a existé dans les années 70 et elle est ainsi basée sur des valeurs fortes de respect, de partage, de voyage et d’expériences. C’est après un festival trance en Zambie que les quatre co-fondateurs décident de créer Hadra pour redonner sa place à la trance en France, absente et délaissée depuis la fin des années 90.

L’association a commencé dès sa création à organiser des « psytrance parties » qui rassemblaient 300 ou 400 personnes dans la région grenobloise et ce dans un cadre adapté et légal pour permettre l’accès pour tous à une culture encore trop méconnue et également la rencontre et l’échange entre le public et les artistes locaux et internationaux invités pour l’occasion. Mais l’objectif du festival est très vite arrivée car la culture psytrance est avant tout une expérience de vie qu’il est difficile de retrouver dans des soirées indoors de courtes-durée.

La première édition du Hadra Trance Festival a eu lieu en 2005, à Chorges dans les Hautes-Alpes. Réussite après réussite, et ce malgré les multiples contraintes administratives et financières, le festival passera de 5 000 à 15 000 participants entre 2010 et 2015.

Crédit photo : Guigui Photographie

LOFI | Nous ne vivons plus à la même époque également, quels ressentis et perspectives pour Hadra et l’univers psytrance aujourd’hui ?

La communauté psytrance a beaucoup grandi et changé tout au long de ces dernières années. Pour certaines raisons, on peut penser que c’est pour le meilleur, pour d’autres, c’est plus pour le pire.

Pendant des années, très peu d’équipes se sont impliquées dans la promotion de psytrance, de ses valeurs et de ses artistes dans toute la France. Le public était également underground et la scène n’était pas aussi bien mise en valeur dans les événements et festivals de musique électro. Dans le passé, les principaux événements psytrance auraient rassemblé 1 500 personnes une fois par an dans le pays. Aujourd’hui, il y a des dizaines d’évènements chaque mois au quatre coin de la France, et plus encore dans le monde. Des petites soirées communautaires comme de grands évènements commerciaux qui peuvent accueillir jusqu’à 10 000 personnes pour une simple soirée. Le festival Hadra atteindra son pic de croissance en accueillant jusqu’à 15 000 personnes en 2014.

Aujourd’hui, la psytrance a commencé à être considéré comme un style musical digne d’intérêt et acquiert petits à petits la reconnaissance des institutionnels : c’est un combat que nous ne cessons de mener et qui porte peu à peu ses fruits. Cette évolution a aussi permis la professionnalisation de nombreux passionnés : artistes, techniciens, décorateurs, vidéastes ; peuvent aujourd’hui entrevoir une carrière professionnelle dans ce milieu.

Evidemment, tout cela n’est pas sans ombres au tableau. Les nouveaux organisateurs de psytrance sont devenus légion et ne tiennent pas toujours compte de l’importance de ce qui rend le mouvement si important : la considération accordée à l’accueil du public, à la décoration et à la scénographie, à la qualité du son, à la scène musicale émergente et bien plus encore. On assiste aussi au développement du star-system : des têtes d’affiches qui sont sans cesse reprogrammés au détriment des artistes émergents et des cachets qui augmentent à des niveaux jamais atteints.

De bonnes réflexions qui méritent d’être approfondies en se rendant au festival Hadra, merci à Lucie pour ses propos. Toutes les infos concernant le festival sont à retrouver sur leur site web.

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