Musiques électroniques, exposition augmentée, entretien avec le Rouxteur Festival

La musique électronique sera l’un des fameux ingrédients de la programmation du Rouxteur Festival du 5 au 6 octobre prochain. Un week-end chargé en expériences numériques, entre lives machines, exposition augmentée et autres performances audiovisuelles, à petit prix. Rendez-vous à l’espace culturel Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen (93) pour aiguiser vos sens et vous confronter à la musique électronique de manière différente.

Début octobre, se déroulera la seconde édition du Rouxteur. Festival pludisciplinaire, le public sera convié à découvrir les talents des artistes présentés au sein du centre d’art Mains d’Oeuvres. Autre objectif derrière l’organisation de cet événement : expérimenter ces ondes électroniques de façons uniques. Le son peut être enregistré, remixé, produit même au travers de machines à l’infini. Le Rouxteur est l’occasion de faire face aux potentiels d’artistes qui ont répondu présents pour épater les participants.

Si l’on peut citer des lives ou installations inédites qui nous turlupinent en particulier :

Vidéo : Kurt Haeseleer

« Centaure », cette créature mythique qui est représentée dans ce clip par Frank Vigroux & Kurt Haeseleer. Entre images sauvages, déformations humaines, animales et civilisation.

« Enlightenment » est une recherche expérimentale sur la lumière, appréhendé comme phénomène de l’espace et base des fondements de la vie et univers. Imaginer le fondement de la vie, de la terre, entrevoir les capacités de la lumière et réfléchir sur son existence et reproduction.

Et pour mieux décrire cette 2e édition, nous avons interviewé des membres de l’équipe organisatrice. Révélations sur cette passion pour la culture des arts numériques.

LOFI | Pourriez-vous vous présenter et nous conter l’élaboration de votre 1ère édition du Rouxteur ?

Nina : j’ai participé à l’organisation de la première édition du festival en tant qu’assistante de production et dans le cadre d’un service civique de 10 mois au pôle art numérique de Mains d’œuvres. Cette année je fais partie des trois programmateurs de l’événement et je travaille à la production en freelance. La première édition a été à la hauteur de ce qu’on voulait proposer : un événement convivial, festif, avec une programmation émergente et éclectique.

Mélina : je suis Mélina, chargée de production des événements à Mains d’Oeuvres depuis maintenant 2 ans.
Je crois qu’on peut le dire, cette 1ère édition était vraiment une très belle édition. Cela faisait quelques temps déjà que Mains d’Oeuvres n’avait pas accueilli un événement mêlant arts numériques et musique. En effet, de grands rendez-vous avaient déjà été organisés auparavant comme le festival Mal au Pixel, la première édition du Transient Festival.
A notre échelle, nous avons proposé une programmation alternative, réunissant des artistes venus d’horizons très différents à travers des lives et des installations interactives et plusieurs créations originales.

LOFI | Comment effectuez-vous votre recherche artistique en termes de programmation ?

N : le Rouxteur a vocation à être un événement pluridisciplinaire alliant artistes émergents et artistes plus confirmés, donc on a vraiment envie d’avoir une programmation éclectique qui colle à ce postulat. Ensuite on fonctionne au coup de cœur. Par exemple, j’aime beaucoup l’artiste Guillaume Marmin qui a notamment travaillé avec Jeff Mills, donc quand on a découvert son projet Walter Dean composé de lui, une violoniste et un compositeur, on a lancé l’invitation.

J’ai aussi vraiment hâte de voir la création du collectif Cela qui mêle de la danse avec de la projection et une composition musicale, et à l’issue de la performance le collectif proposera au public un moment d’échange et laissera la possibilité de tester l’installation. Proposer des oeuvres permettant une interaction avec le public était quelque chose d’important pour nous afin de rendre le spectateur actif.

M : tout comme l’année dernière, notre programmation se veut atypique. C’est pourquoi nous proposons cette année encore des installations multimédias ( SYN ART GROUP – Enlightenment), des lives machines avec des scénographies originales dans les 4000 m² de mains d’œuvres, mais également des tables rondes. Nous avons vraiment la liberté de choisir des projets que nous aimons et qui nous correspondent vraiment à l’identité du festival : le champ des cultures électroniques et des arts numériques.
Comme l’a expliqué Nina, nous sommes très sensibles aux artistes du roster de Visuaal (nous avions invité Da Sweep l’année dernière) c’est tout naturellement que nous nous sommes tournés vers le trio réunissant le compositeur Jean-Baptiste Cognet, Guillaume Marmin, artiste plasticien et la violoniste Carla Pallone.
Puis je dois avouer que ma grosse claque musicale du moment est Monolithe Noir…
Ou encore les foufous de Vernacular, qui clôtureront le festival samedi soir.

 

LOFI | Quelle importance apportez-vous à « l’exposition augmentée » ?

N : l’exposition augmentée du festival va naître d’une exposition d’art visuel Traverser la mer sans que le ciel ne le sache, à laquelle nous allons ajouter une exposition immatérielle numérique créer par l’artiste Djeff, et qui sera disponible uniquement sur smartphone et/ou tablettes. Pour cette exposition, on est parti du constat que les outils numériques sont de plus en plus présents comme outil de médiation dans les expositions (réalité augmentée, QR code..) et que les expositions d’art numérique fleurissent de plus en plus. À partir de ce constat on avait à coeur non pas de faire ou l’un ou l’autre, mais de créer une exposition hybride et de créer un dispositif innovant en invitant l’artiste Djeff, qui à partir de ces médiums questionne l’impact de l’activité humaine et s’imprègne des tensions entre fascination et répulsion pour les nouvelles technologies

LOFI | Pourriez-vous nous dire quelques mots qui présentent le centre d’art « Mains d’œuvres » ?
N : Mains d’œuvres pour moi fait partie de ces lieux qui se présentent comme une alternative aux lieux plus institutionnels, car c’est un terrain d’expérimentation plus libre et moins conventionnel dans le rapport à la création et au public. C’est un lieu qui place au coeur de son engagement l’accompagnement et la professionnalisation des artistes émergents, la rencontre des disciplines et l’hybridation des modèles de pensée, d’action et de création. C’est pourquoi on écrit souvent : « le Rouxteur est né tout naturellement de l’ADN du lieu qui l’accueille »

M : Mains d’œuvres c’est un lieu pour l’imagination artistique et citoyenne. C’est 4000 m² de bâtiment dédiés à la création et à la diffusion, à travers des expositions, des concerts, des spectacles, des ateliers et des rencontres. C’est un rassemblement d’énergies positives venues de tout horizon, de tout âge, et de toute discipline, où les artistes règnent en maîtres. C’est un lieu unique, qu’il faut protéger quotidiennement.

LOFI | Comment avez-vous créé et défini le terme « ROUXTEUR » ?

N : le nom du festival contient en fait une petite blague, qui était restée secrète lors de la première édition et qu’on a décidé de révéler cette année. Dans ROUXTEUR, il se cache deux mots : roux et routeur. Roux parce que 2 des 3 organisateurs ont cette magnifique couleur de cheveux et Routeur car c’est un petit objet qui permet de créer une connexion entre différents objets, ce qui est aussi l’ambition du festival en connectant différentes formes artistiques.
NB : cette année nous poussons la blague jusqu’au bout en faisant l’entrée gratuite pour les roux (en fonction des places disponibles)

LOFI | L’art numérique et la musique électronique deviennent « inséparables », une alliance de disciplines pour des expériences des plus sensitives. Que pensez-vous de ce « besoin » qu’a de plus en plus l’humain de se projeter dans des images fictives et d’écouter des sons enregistrés, produits, mixés par des machines ?

N : je pense que c’est générationnel, pour la musique comme pour les images. On est né et on vit dans une société hyper technologique, où l’informatique, l’image, les machines sont omniprésentes. On est dans l’ère du multi écran et des médias à outrance ; pas étonnant que ça se ressente dans notre ressenti et notre besoin face à l’art. C’est quelque chose que les artistes et en premier lieu les compositeurs de musique électronique ont compris en ajoutant des créations visuelles à leurs lives pour créer une narration et pour décupler les sensations. Pour ce qui est de la musique créée à base de machine, il y a ce lien avec le développement des technologies, mais aussi (et pas que !) le lien avec la fête, et la fête est synonyme de communauté, de partage, de laisser aller : valeurs qu’on recherche peut-être de plus en plus..

Toutes les informations à connaître sont ici.
Photo de couverture : Nihil Bordures – Hugo Arcier

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