RSA : pourquoi 15 heures d’activité pourraient changer votre vie dans 47 départements ?

Catherine Vautrin, la ministre du Travail, a annoncé l'extension du dispositif d'éligibilité au revenu de solidarité active (RSA) soumis à 15 heures d'activité par mois.

Élargissement des expérimentations de conditionnalité du RSA à 47 départements #

Passant de 18 à 47 départements concernés d’ici fin février, cette mesure devrait être généralisée en 2025.

L’objectif : soutenir les demandeurs d’emploi vers le retour à l’activité

La ministre affirme que ce projet vise à accompagner les chômeurs en fin de droits vers l’emploi, estimant que « la meilleure émancipation possible » réside dans le travail. Le but est également de pourvoir aux postes non pourvus qui existent actuellement sur le territoire français.

Les montants du RSA pour une personne seule et un couple sans enfant #

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Pour rappel, le RSA est attribué par les caisses d’allocations familiales et son montant mensuel s’élève à 607,75 € pour une personne isolée et à 911,63 € pour un couple sans enfant.

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Les montants varient ensuite en fonction de la situation familiale et sont destinés à garantir un minimum de ressources aux personnes sans emploi.

Fin programmée de l’allocation de solidarité spécifique

Dans le cadre de cette réforme, le Premier ministre Gabriel Attal a également annoncé que l’allocation de solidarité spécifique (ASS) serait supprimée pour les chômeurs en fin de droits et que ces derniers seraient transférés au RSA. Toutefois, ils ne pourront plus valider de trimestres pour leur retraite via ce dispositif.

Quelles conséquences pour les demandeurs d’emploi concernés ? #

Avec cette mesure, les bénéficiaires du RSA devront donc réaliser un minimum de 15 heures d’activité par mois pour conserver leurs droits. Cette condition devrait inciter les personnes sans emploi à retrouver une activité relativement rapidement pour éviter de voir leur situation se dégrader encore davantage.

Ainsi, non seulement la mesure pourrait améliorer le taux de retour à l’emploi mais elle pourrait aussi réduire la précarité sociale liée au chômage de longue durée.

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Des interrogations sur sa mise en œuvre et son efficacité

S’il est certain que cette réforme vise à encourager le retour à l’emploi, des interrogations subsistent quant à son effet réel sur les demandeurs d’emploi et leur facilité à intégrer rapidement le marché du travail.

Les conditions précises de validation des 15 heures d’activité sont encore floues et on ignore quels types d’emplois seront éligibles pour ce dispositif.

Par ailleurs, on peut s’interroger sur la capacité des entreprises et des structures d’accueil à proposer suffisamment d’emplois ou de missions adaptées à toutes les situations et compétences des personnes concernées.

Les défis à venir pour le gouvernement #

Pour que cette réforme soit efficace, il faudra que l’Etat et les collectivités travaillent main dans la main avec les entreprises et les différents acteurs du marché du travail.

Le défi sera alors de créer un dispositif souple et adaptable aux spécificités locales et aux besoins de chaque territoire.

Finalement, même si l’intention est louable et que ce type d’initiative peut donner un coup de pouce aux chômeurs en fin de droits, il ne faut pas oublier que le retour à l’emploi ne se décrète pas et qu’il reste avant tout tributaire du dynamisme économique et entrepreneurial.

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